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Riner, un Français qui gagne !
14/09/2007 - 07:20 Par AXEL CAPRON
De Sports.fr Au coeur d'une semaine bien morne pour le sport français avec les défaites des équipes de rugby, de foot, de volley et de basket, une éclaircie est venue du judo et de Rio de
Janeiro avec la confirmation de l'extraordinaire potentiel de Teddy Riner: pour ses premiers Mondiaux, le jeune homme des 18 ans a remporté jeudi le titre mondial en +100 kg, se posant en digne
successeur de David Douillet, dernier Tricolore sacré dans la catégorie. Des débuts en fanfare pour le clan français, qui a auaparavant ouvert son compteur avec le bronze de Stéphanie
Possamaï.
"Je vais avoir ma photo à l'Insep, ça représente quelque chose !" C'est un véritable cri du coeur qu'a poussé Teddy Riner en sortant du tatami de Rio de Janeiro où il venait d'être sacré
champion du monde des plus de 100 kg. Et le Guadeloupéen d'esquisser quelques pas de samba locale pour mieux savourer ce qui sera sans doute le premier titre mondial d'une belle collection. Dix
ans après David Douillet, dernier Tricolore sacré dans la catégorie des «gros», le sociétaire de l'Insep fait donc une entrée fracassante dans le gotha du judo mondial, au terme d'un parcours
sans faute qui l'aura vu sortir les uns après les autres les cadors de la catégorie reine.
Car dès le deuxième tour, c'était le Japonais Kosei Inoué, triple champion du monde et médaillé d'or aux Jeux de Sydney qui se présentait sur la route du natif de Pointe-à-Pitre. Ce dernier
n'était nullement intimidé pour une victoire sur yuko, grâce à un contre parfaitement réussi sur une attaque du Nippon. L'obstacle Inoué passé, restait à franchir les autres haies menant aux
demi-finales, c'était chose faite avec deux succès sur ippon face au Biélorusse Yuri Rybak puis l'Allemand Tino Bierau. La première partie du contrat était remplie pour celui qui participait à
ses premiers Mondiaux, restait à parachever le tout avec une médaille, objectif atteint en demi-finale avec une victoire à l'arraché sur le colosse chinois Xiangjun Wei (2,10m pour 153 kg), qu'il
n'avait à ce jour jamais rencontré: alors que les deux hommes se dirigeaient vers un «golden score» (le premier à marquer est qualifié), le Français forçait son destin en lançant o soto makki
komi pour un yuko l'envoyant en finale!
La médaille assurée, pourquoi s'arrêter là et ne pas décrocher l'or? Il fallait pour cela repousser le solide et technique Russe Tamerlan Tmenov, régulièrement sur les podiums des grandes
compétitions internationales. Un assaut mal engagé pour Teddy Riner, pénalisé alors qu'il reste 3'30' de combat, mais comme en demi-finale, celui qui était encore junior l'an dernier décide de ne
pas rester passif et d'un o soto gari synonyme de waza-ari, il envoie le Russe au tapis pour finalement décrocher son premier titre mondial et devenir le plus jeune champion du monde de
l'histoire dans la catégorie !
Tout ce qu'il touche se transforme en or...
David Douillet, qui a régné en maître incontesté des lourds pendant des années et que le nouveau champion du monde ne manquera pas de remercier - "Il m'a soutenu pendant toute la
journée" -, peut enfin être rassuré, la relève est là et bien là avec ce Teddy Riner qui n'en est cependant pas à son coup d'essai puisqu'il avait déjà frappé un grand coup en début d'année,
se classant d'abord troisième du très relevé Tournoi de Paris, ce qui lui avait valu d'être préféré au champion de France Mathieu Bataille pour l'Euro à Belgrade. Bonne pioche de la part du staff
puisque pour ses premiers Championnats d'Europe en avril à Belgrade, Teddy Riner décrochait l'or!
Autant dire que l'intéressé se savait attendu au tournant au Brésil, mais cela ne semblait pas le perturber plus que cela, comme il nous le confiait avant de s'envoler pour Rio: "Je ne
ressens pas de pression mais une attente, ça c'est sûr. Je vais essayer de faire de mon mieux pour ne pas les décevoir. C'est sûr que mon judo a été analysé. Je dois faire mon judo et quand
j'attaquerai, ce sera à bloc et surtout pas à moitié car c'est le meilleur moyen de se faire contrer. J'espère que mon nouveau schéma tactique, des attaques en deux ou trois temps, va
fonctionner. Je suis persuadé que je peux encore surprendre tout le monde."
Doté d'une grande confiance en ses moyens, Teddy Riner a vu juste, il rentre dans l'histoire du sport tricolore et mondial en battant tous les records de précocité. Après avoir été champion
d'Europe et du monde pour ses premiers pas dans ces compétitions, il attaquera dans un an ses premiers Jeux olympiques, il connaît la marche à suivre...
Retrouvez aussi les vidéos des combats:
La finale de Teddy Riner en +100kg www.dailymotion.com/video/x2z2qc_judo-2007-world-championships-100kg_sport
La place de 3ème de Stéphanie Posamai en -78kg
http://www.dailymotion.com/video/x2z3vx_judo-2007-world-championships-78kg_sport
Le combat entre Teddy Rinner et le Japonais Kosei Inoue
http://www.dailymotion.com/video/x2zbpa_judo-2007-rio-kosei-inoue-jpn-teddy_sport
Images Canal+
Commentaires Thierry Rey et David Douillet
Quatre de chute pour les Français, samedi lors des Championnats du monde, à Rio. Aucun des Tricolores engagé n'est en effet parvenu à atteindre les quarts de finale. Seul les repêchages pourraient leur permettre de décrocher le bronze. Daniel Fernandes (-73 kg) a certainement connu la plus grande déception. Le vétéran tricolore, 34 ans, s'étant fixé comme objectif brésilien d'obtenir son billet pour les J.O. Au lieu de cela, il n'a fait qu'un petit tour avant de s'en aller. Exempt de premier tour puis qualifié directement pour le troisième suite au forfait de son adversaire, Fernandes a subi la loi du Turc Sezer Huysuz. Seul l'espoir d'un repêchage peut lui laisser entrevoir la route vers Pékin.
Son compère Benjamin Darbelet (-70 kg) s'est arrêté au même stade de la compétition. Une malédiction dont il est coutumier lors des Mondiaux, puisque le Français n'est jamais parvenu à monter sur un podium, contrairement aux Championnats d'Europe. Ses deux combats avaient pourtant bien commencé, car victorieux par ippon. Mais Sasha Mehmedovich n'est pas tombé de la sorte. Bien au contraire, le Canadien a fait preuve de ruse pour piéger le judoka tricolore.
La Rizza, débuts et fin foudroyants
Deux ippons puis la porte, cela résume aussi la journée d'Audrey La Rizza (Photo L'Equipe). Pour sa première participation aux Mondiaux, la récente médaillée d'argent aux Championnats d'Europe (-52 kg) a frappé fort en bouclant son premier combat en sept secondes... Deuxième combat, et deuxième ippon, plus tranquillement. Troisième combat, et troisième ippon, mais cette fois contre elle, et l'oeuvre de la Vénézuélienne Flor Velasquez.
La deuxième Tricolore en lice était Barbara Harel (-57 kg), qui attend elle aussi sa première médaille mondiale. Toute proche d'une demi-finale et donc du but, elle a cédé durant les prolongations de son quart de finale, face à la Hongroise Bernadett Baczko. À la mort subite. La plus cruelle. Harel n'a plus son sort entre ses mains, mais un repêchage reste encore possible. Il ne lui reste plus qu'à croiser les doigts.
Via L'équipe.fr
L’ESPRIT DU JUDO – La newsletter - n°99 – 20 novembre 2007
INTERNATIONAL
Tournoi pré-olympique de Pékin : Lantoine l’emporte, Amoros 3e.
Dans le branle-bas de combat, l’effervescence chinoise autour de « leurs » Jeux olympiques, une curiosité : le tournoi « test » pré-olympique de judo, se déroulant dans l’arène dévolue à la discipline pour les JO 2008. Ce tournoi Open avait une configuration étrange : deux jours d’individuels avec quatre catégories seulement représentées (–66 kg et –81 kg masculins, –52 kg et –63 kg féminins), suivis, durant le week-end, d’une confrontation par équipes de nations intitulée un peu pompeusement « Coupe du monde » (parce que toutes les équipes, dont la France, n’incluaient pas leurs numéro un) et regroupant quand même certaines des nations les plus fortes du monde : France, Chine, Cuba, Japon chez les filles, Russie, Corée, Brésil en plus chez les garçons. Une sélection française d’outsiders aux portes de l’équipe s’est rendue à pied d’œuvre dès le lendemain des championnats de France par équipes de clubs de Laval.
En individuels, Alain Schmitt en –81 kg, pourtant privé au premier tour du champion du monde Tiago Camilo, forfait, ne vient pas troubler le jeu pour la sélection olympique : il s’incline à son premier combat de deux pénalités à une face au Chinois Liu (l’un des vingt-trois représentants du pays alignés dans cette catégorie). En –63 kg, Virginie Henry, encore en recherche de sensation après une opération, s’incline au second tour face à sa seconde Chinoise du jour, Yan Xuelan (une combattante de bon niveau qui avait connu son heure de gloire en 2002, en atteignant la finale à Paris), et en repêchages face à l’Italienne Quintavalle (en forme cette année. Elle a fini 2e du tournoi de Russie, cinquième des championnats du monde de Rio). C’est mieux en revanche en –66 kg où Jordan Amoros, récent champion de France avec son club de Levallois (pour lequel il a bien œuvré à Laval en gagnant des combats importants), termine à la troisième place. Après deux victoires par ippon sur un Mongol et un Chinois, il cédait d’un koka devant le Chinois Liu Chang Chun et se reprenait très bien en battant le Roumain Morar, le Chinois Wu et, plus significatif, pour la place de trois, l’espoir brésilien titulaire de la catégorie à Rio et vainqueur du tournoi de Hongrie, finaliste à Paris en février dernier, Leandro Cunha.
Mieux encore, en –52 kg, Caroline Lantoine emportait son troisième test international, après les championnats d’Europe juniors en 2000, les
championnats des –23 ans en 2004. Après une victoire par ippon sur la Coréenne Lee Je-Hee, finaliste cette année des Universiades, puis sur
l’internationale Chinoise Xiao Jun (qui a signé plusieurs podiums en Europe depuis 2005), elle s’impose à la Championne d’Europe juniors de
l’année, la Russe Kuzyutina, et en finale, par ippon sur ko-uchi-gari, à la Brésilienne Erika
Miranda, cinquième des championnats du monde de Rio. Si Audrey La Rizza, vice championne d’Europe, a clairement remis
les pendules à l’heure après son échec des championnats du monde, Caroline Lantoine a le vent en poupe après deux finales en Autriche et en
Biélorussie (où elle s’incline de peu en finale devant La Rizza). Elle marque des points pour la « réserve » olympique face à deux
gros calibres de la catégorie, Delphine Delsalle et Marine Richard.
En équipes, malheureusement, la France ne brilla pas, battue d’entrée par… la Mongolie (2-3), chez les féminines puis par le Japon (1-6), alors que
les Chinoises disposent de Cuba en finale (4-2), le Japon (battu par Cuba) et la Mongolie sont troisièmes. Les masculins français étaient battus d’entrée également par la Corée (4-0), puis
par la Chine, de peu (3-3, 21-22) pour la place de trois, après une victoire devant l’Algérie (5-2), alors qu’une équipe « ter » du Japon l’emporte (3-3 / 30-22) devant le Brésil
(privé de Camilo), la Corée et la Chine sont troisièmes.